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Riche en vins dont la réputation mondiale n’est plus à démontrer, la « Route du Vin de Bordeaux en Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac » occupe la rive droite de la Dordogne, entre Bordeaux et Bergerac, ainsi que la partie nord de l’Entre-Deux-Mers.

La route tire son nom du groupe organique alliant les trois grandes AOC du même nom, elle s’organise autour de la cité portuaire de Libourne, et forme ainsi aujourd’hui la région du Grand Libournais. Le fleuron du territoire est la magnifique cité médiévale de Saint-Emilion, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco en tant que « Paysage Culturel », et l’une des plus célèbres vitrines du vignoble bordelais.

La « Route du Vin de Bordeaux en Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac »  se démarque par la grande homogénéité de ses paysages, par sa géologie (sous-sol à dominante calcaire), par sa concentration de vignoble, et par l’importance des exploitations familiales, petites et moyennes propriétés, qui contrastent avec les grands domaines de la « Route du Vin de Bordeaux en Médoc ».

Le Pays Foyen, porte du Périgord

Aussi appelée « Porte du Périgord« , le Pays Foyen est au cœur du vignoble AOC de Sainte-Foy-Bordeaux. Sainte-Foy-La-Grande est l’une des plus petites communes de France : elle s’étend sur 51 hectares presque entièrement urbanisés ; et est située à l’extrémité orientale de la Gironde, à une heure de Bordeaux, à la confluence des départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne.

Dès le Moyen-Age, Sainte-Foy-La-Grande bénéficie de la prospérité grâce au commerce du vin qui a pour théâtre son port situé à l’écart de la ville, ainsi que des activités liées à la principale production locale : tonneliers et charpentiers de la marine qui installent leurs ateliers le long de la rivière. Sous domination anglaise jusqu’en 1450, les vins du secteur sont expédiés sur des gabarres vers Libourne et Blaye pour être embarqués sur les navires de haute mer à destination des îles britanniques.

Castillon-La-Bataille et son histoire anglo-vinicole

Le véritable essor viticole de Castillon-la-Bataille, à l’aval de Sainte-Foy-la-Grande, commence au Moyen-Âge, avec notamment le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri Plantagenêt, la ville devient ainsi une véritable étape portuaire et une importante forteresse est édifiée sur les bords de la Dordogne, ce qui permit l’exportation de ses vins aussi bien vers l’Angleterre que vers la Hollande.

Au XIIIe siècle, ces vins étaient fort estimés et se chargeaient par cargaisons entières à destination de l’Angleterre. Ils se distribuaient aussi localement au détail et constituaient la consommation de luxe de l’aristocratie bordelaise . Bernard Ginestet

Par le fait de mariages royaux, l’Aquitaine devint une riche province anglaise, attirant la convoitise des Rois français, ce qui contribua au début  d’un long conflit : la guerre de 100 ans. En 1453, l’ultime bataille de cette guerre sur les collines de Castillon, met fin à la domination anglaise après 300 ans de règne. Elle signe la mort du célèbre Général Talbot et la reconquête de l’Aquitaine par Charles VII. Ainsi, Castillon reste le symbole de la fin de la présence anglaise en Aquitaine.

Avant la création des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) en 1935, les vins produits dans cette région du Libournais furent longtemps commercialisés sous la dénomination « Près Saint Emilionnais ». Aujourd’hui, l’appellation principale de cette région est « Castillon – Côtes de Bordeaux », mais elle produit également les AOC Entre-Deux-MersBordeauxBordeaux Supérieur, et certaine appellations du Bergeracois.

La juridiction de Saint-Emilion

En plein cœur du Grand Libournais, dans une région constituée de douces collines viticoles et de bosquets verdoyants, cette magnifique cité médiévale campée sur une éminence calcaire bénéficie de sa situation au carrefour du Bordelais, de la Saintonge et du Périgord.

La cité possède un patrimoine architectural et religieux important (ermitage, église monolithe, église collégiale, palais des archevêques, immeubles cossus et restes de fortifications) qui se décline au gré de petites ruelles et de placettes ombragées, mais jouit également de la renommée de son patrimoine viticole (vignoble de Saint-Émilion) dont les vins font partie des plus recherchés au monde.

La cité médiévale et sa « juridiction » est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1999 au titre de « Paysage Culturel ». Elle constitue « l’exemple remarquable d’un paysage viticole historique qui a survécu intact » et « illustre de manière exceptionnelle la culture intensive de la vigne à vin dans une région délimitée avec précision ».

Brannais, la porte de l’Entre-Deux-Mers

Le territoire du Brannais s’étend des bords de la Dordogne vers les plateaux de l’Entre-deux-Mers, au sud de Saint-Émilion, entre les proches bastides de Libourne et Sainte-Foy-La-Grande. La diversité de ses paysages entrecoupés de collines, de vallons, de forêts naturelles et de grands vignobles font toute la richesse de cette région.

La viticulture est ici, comme dans l’ensemble du Grand Libournais, très ancienne. La Révolution française, en rétablissant la liberté de culture, en morcelant les biens de l’Église et des nobles exilés, en regroupant la propriété du sol avec celle du droit d’exploiter, a ici aussi profondément bouleversé le paysage viti-vinicole. Le Brannais cultive essentiellement les appellations Bordeaux & Bordeaux Supérieur, ainsi que l’AOC Entre-Deux-Mers.

Libourne, filleule de Bordeaux

Cette ancienne bastide portuaire fondée au XIIIe siècle par Roger de Leyburn, au centre d’une riche région viticole et au confluent de la Dordogne et de l’Isle, a été conçue pour devenir le débouché naturel des vins et du bois de la vallée de la Dordogne – vins de Saint-ÉmilionPomerolBergerac, etc. – exportés vers l’Angleterre.

Longtemps deuxième ville du nord de la Guyenne après BordeauxLibourne entretient avec cette dernière des rapports ambivalents : « filleule » de la capitale aquitaine durant le court règne du Prince noir, elle est aussi sa rivale en matière de commerce ou de fiscalité. Les rois d’Angleterre octroyèrent à la ville de Libourne, de même qu’ils l’avaient fait pour Bordeaux, une « coutume » exemptant de droits de douane l’exportation de ces vins.

Pour la petite histoire, il se dit que le pavage du port est en pierre anglaise transportée dans les bateaux qui venaient chercher du vin. En effet, ceux-ci ne pouvant venir d’Angleterre à vide, il fallait les lester pour qu’ils puissent naviguer sur l’Atlantique.

Les coteaux du Fronsadais

A la croisée des routes fluviales et terrestres, le Fronsadais, et surtout le Tertre de Fronsac, a occupé de tous temps une position stratégique : les Gaulois y tenaient un important marché, les Romains y bâtirent un autel, puis, en l’an 770, Charlemagne y édifia une puissante forteresse.

Plus tard, pendant les trois siècles d’occupation anglaise, les vins de Fronsac furent largement exportés vers l’Angleterre. En 1663, le Duc de Richelieu décida d’acquérir les terres du Duché de Fronsac, et y fit édifier une « folie », théâtre des fêtes galantes dont l’écho se propagea jusqu’à la cour de Louis XIV. Dès lors, la notoriété des vins de Fronsac ne cessera de s’étendre. Au XVIIIe siècle, la révolution qualitative des vins du Libournais prend ses racines ici et l’essor du commerce maritime mondial contribuera largement à établir le vignoble de Fronsac parmi les plus nobles du vignoble de Bordeaux.

Au XVIIIe siècle, les vins de Fronsac et Canon Fronsac jouissent de la plus forte réputation parmi les vins du Libournais, Saint-Emilion et Pomerol, s’honorant alors des prix les plus élevés. De même, en 1750, ce sont trois notables de Fronsac et Canon Fronsac, Messieurs LafonBoyer et Mathieu, qui sont les premiers à initier une révolution viticole, transformant le vignoble auparavant constitué de « métairies » en « crus » de petite taille (ancêtre des châteaux d’aujourd’hui).